• Est-ce raisonnable d'aimer ?

    Est-ce raisonnable d'aimer ?

     

    Oui : l’amour est un mélange subtil de sentiments et de raison, qui ne doit pas céder aux aveuglements de la passion.

    Non : l’amour s’exprime par une passion qui fait « perdre la tête », qui aveugle l’homme et l’asservit.

     

     

    1ère partie : aimer est conforme à la raison. L’amour, dans les limites de la raison, est la passion la plus raisonnable et nécessaire qui soit.

     

    C’est la raison qui me conduit à aimer l’autre pour ses mérites.

    Lorsque je dis « je t’aime », est-ce du sentiment, de la passion pure, ou est-ce que je fais appel également à la raison ? Faut-il réfléchir pour bien aimer ? Selon Descartes, lorsqu’on aime, il faut considérer les mérites de l’autre et ne pas se laisser aveugler par la passion qui nous pousse parfois à aimer ses défauts. Pour Aristote aussi, on aime l’autre pour ses mérites, et c’est la raison qui nous permet d’apprécier ses qualités humaines, morales, intellectuelles.

    L’amour est un subtil mélange de sentiments et de raison.

    Si une passion violente peut être destructrice, l’amour conçu comme l’entente apaisée de deux cœurs est constructif et raisonnable. Si tu m’aimes sincèrement, tu ne peux pas, au nom de la passion, me demander des choses qui seraient contraires à notre amour.

    S’opposer à l’amour, voilà ce qui justement est déraisonnable.

    L’homme étant un être de désir, il serait aussi déraisonnable de s’opposer à l’amour que de s’opposer à la soif ou à la faim. Les ascètes et les stoïciens y parviennent en se soumettant à des privations douloureuses et en méprisant leur corps. C’est là un prix considérable à payer. Les religieux subliment l’amour terrestre en amour de Dieu. Mais l’amour refoulé peut entraîner des désordres psychiques, ainsi que l’a montré la psychanalyse.

     

    2ème partie : l’amour passion aveugle la raison, l’enivre, la tourmente. Qui s’y laisse prendre perd sa liberté, commet des actes qui ne peuvent que lui nuire.

     

    C’est une folie que d’aimer à la folie.

    Les philosophes stoïciens se méfiaient de l’amour, car le propre de celui-ci, comme de toutes les passions, est d’aveugler. L’amour, comme le vin, « fait perdre la tête ». Celui qui est « victime » de l’amour aliène sa liberté, ne s’appartient plus, souffre plus qu’il ne tire profit de sa passion.

    L’amour est éphémère et il fait souffrir.

    L’amour provoque la jalousie, il fait souffrir celui qui aime et n’est pas aimé en retour. Combien de poèmes d’amour ne sont en fait que plaintes, lamentations contre la cruauté du cœur de l’aimé(e) ? Pour d’autres enfin, l’amour n’est jamais qu’une éphémère illusion. Il ne résiste pas à l’épreuve du temps. Il peut même se transformer en haine s’il est trop violent.

    Aimer avec raison, c’est aimer avec modération.

    L’amour fou, inconditionnel, en tant qu’élan irrésistible de tout l’être, ne s’accommode pas de demi-mesures. Il est par définition immodéré, total, impérieux. Ses tumultes, aussi enivrants soient-ils, laissent derrière eux des torrents de larmes. L’amour plus sage, quant à lui, ne brille pas d’autant de feux, mais au moins, il offre à l’âme la douceur, la tranquillité, le réconfort. Toutefois, l’amour vaut-il la peine d’être vécu s’il faut en contenir les emportements impétueux et étincelants ?

     

    Conclusion

    L’amour est dans le cœur et l’esprit de l’homme. En tant qu’élan vital, il est déraisonnable de le refuser, de le nier. Il unit, réconforte, protège, élève l’homme à sa dignité. Mais en tant que passion, il peut aveugler, tourmenter au point que ce qu’il offre vaut moins que ce qu’il prend. A la raison donc de le connaître, d’accepter ses exigences tout en les limitant.  La raison permet de profiter des avantages de l’amour sans en payer chèrement les inconvénients.


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