• L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ?

    L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ?

     

    Oui : l’État, par les lois qu’il impose, réduit le champ de ma liberté.

    Non : l’État est le garant de la liberté des individus.

     

     

    1ère partie : Nietzsche, au sujet de l’État, parle d’un « monstre froid ». Il est vrai que l’État pèse sur ma liberté. A ses yeux, je ne suis pas une personne, mais un individu obéissant parmi d’autres.

     

    Au nom de l’individu, l’État doit être rejeté.

    Pour Max Stirner, la réalité suprême est le moi, l’Unique. Toute institution qui entend dominer au nom d’un quelconque ordre supérieur est mauvaise, car elle brime la volonté du moi. Bakounine, quant à lui, affirme que la révolte contre toute autorité est le propre de l’homme. Il rejette donc l’État au nom de la liberté : l’individu doit se gouverner lui-même. Lorsque je pense à l’État, je n’y vois que pressions, violences, lois, règlements ; je n’y vois nulle part une défense de mes libertés.

    L’État n’a pas de nécessité absolue et éternelle.

    Pour Marx et Engels, l’État est une « superstructure », c’est-à-dire une institution inventée par la classe dominante (la bourgeoisie) pour assurer sa domination sur la classe des prolétaires. Selon la conception marxiste du devenir historique, l’État ne sera plus nécessaire après l’instauration de la « société sans classes ». Lénine reprend cette thèse en la complétant. Après une phase de dictature du prolétariat visant à éclairer et éduquer les prolétaires, la fin de la lutte des classes doit entraîner le « dépérissement de l’État ».

    Il est possible de concevoir une alternative à l’État : l’association.

    Reprenant l’idée de l’association de Max Stirner, Proudhon oppose à l’État, nécessairement oppressif, le « principe fédératif », c’est-à-dire la libre association d’entités politiques plus restreintes.

     

    2ème partie : l’État peut être la plus sûre garantie contre la tyrannie, la violence des intérêts particuliers. Étant l‘expression du droit et de la volonté générale, il veille sur l’individu.

     

    L’État est l’expression d’un pacte social librement consenti.

    Rousseau concilie liberté individuelle avec l’autorité de l’État en considérant que celle-ci découle d’un « contrat social » par lequel chacun accepte de se conformer à la « volonté générale ». Ce contrat garantit à la fois la liberté et l’égalité. L’État, résultat de ce contrat, est l’instrument de tous mis au service de la liberté de chacun.

    L’État est l’instrument qui permet de protéger la liberté de chacun contre la tyrannie d’autrui.

    Pour Hobbes, l’état de nature se caractérise par la guerre de tous contre tous : « l’homme est un loup pour l’homme. » L’intervention de l’État est nécessaire afin que chacun soit protégé et puisse réaliser ses projets sans nuire aux projets d’autrui.

    L’État est la manifestation objective et ultime de la raison.

    Pour Hegel, l’État est la manifestation de la raison à l’œuvre dans l’organisation de la société. La liberté se réalise dans le dépassement des intérêts individuels et dans la conformité à la raison, au droit, à la morale, qui s’incarnent dans l’État. Ma liberté d’expression et de circulation, c’est l’État qui me la garantit. Et s’il ne remplit pas sa mission, j’ai la possibilité, en tant que citoyen, de changer les hommes qui exercent le pouvoir.

     

    Conclusion

    L’échec des utopies anarchistes prouve peut-être que l’État est une forme nécessaire d’organisation politique. La question ne serait plus de savoir si l’État est l’ennemi ou le garant des libertés, mais de déterminer quelle sorte d’État y est le plus favorable. A cette question, un certain nombre de penseurs se sont prononcés contre le totalitarisme et en faveur d’un gouvernement républicain et démocratique. Reste que, même en démocratie, la question du rôle de l’État se pose : doit-il s’effacer devant l’initiative individuelle ou doit-il intervenir pour garantir la justice sociale ? Enfin, si l’État a été une nécessité historique, il n’est pas impossible de penser qu’il peut être remplacé par une autre forme d’organisation de l’ordre social. A nous de l’imaginer…


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