• L'histoire est-elle une science ?

    L'histoire est-elle une science ?

    Oui : les historiens ont recours aux méthodes de la recherche scientifique.

    Non : comme les historiens étudient le passé, l’interprétation et la subjectivité jouent une grande part dans leur travail.

     

     

    1ère partie : elle consiste, comme toute science, à constater des faits, à les analyser, à établir entre eux des rapports, à dégager des lois.

     

    L’histoire est une explication rationnelle du passé.

    La nature n’est pas rationnelle, mais elle est susceptible d’être rationnellement expliquée. Il en est de même pour l’histoire qui, à ce titre, est la conceptualisation scientifique du temps social.

    Il y a des lois en histoire.

    Le concept de la loi historique est ambigu : en effet, l’événement étudié par l’historien n’est pas le cas particulier d’une loi générale. Mais cela n’implique pas que l’histoire soit étrangère aux lois de type scientifique. L’histoire propose des explications à partir de lois d’ordre sociologique et économique, et il est bien évident qu’on ne peut méconnaître l’importance des mouvements sociaux et de la vie économique dans la genèse des faits historiques.

    La méthode historique est une méthode scientifique.

    L’histoire est le choix des faits à partir de questions qu’on pose, et l’historien recrée ses matériaux en fonction des hypothèses à vérifier. De la même façon qu’il n’existe pas de réalité physique avant qu’elle ne soit structurée par les sciences physiques, il n’existe pas de réalité historique toute faite avant que la science historique qui, comme toute science, crée ses concepts en définissant son domaine d’investigation et recherche la vérité. L’histoire, comme le dit Henri-Irénée Marrou, n’est donc pas un simple récit anecdotique des événements passés, mais une connaissance élaborée de ceux-ci.

     

    2ème partie : l’observation directe est impossible car le passé n’est plus. Il n’y a donc pas de lois qui puissent être soumises à l’expérimentation. La connaissance historique est toujours subjective.

     

    Le passé n’est pas observable.

    Nous ne disposons d’aucun moyen pour juger de la vérité du discours de l’historien, parce qu’il n’est possible de juger les autres époques qu’à travers un présent qui trouble notre connaissance. Dans la masse des faits du passé, l’historien fait un choix et son matériau est peu fiable dans la mesure où il ne comprend pas seulement des événements et des faits matériels, mais aussi des représentations bâties sur l’imagination et la mémoire des peuples.

    Il n’y a pas de causalité en histoire.

    Le déterminisme scientifique implique que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Or ceci ne peut absolument pas être établi en histoire. La causalité suppose des rapports constants et les faits historiques sont uniques. La science ne s’intéresse qu’à ce qui est nécessaire selon les lois générales alors que l’histoire s’intéresse à tout ce qui touche au passé. L’application du principe de causalité en histoire masque toujours une philosophie de l’histoire.

    Subjectivité de l’historien

    Pour que l’historien soit objectif, il faudrait, selon Fénélon, qu’il ne soit d’aucun temps ni d’aucun pays. Or, toute conscience de l’histoire est une conscience dans l’histoire. Un historien aussi sérieux que Michelet, qui se voulait scientifiquement irréprochable, a été trahi par son imagination dans sa vision de l’An mil. Il s’est montré partial envers la monarchie française, dont il n’a souligné les excès que pour mieux en négliger le bilan global.

     

    Conclusion

    La question de l’histoire est un nœud de problèmes (et surtout de « faux problèmes »), car elle fait appel aussi bien à l’idéologie qu’à la science. L’histoire est en effet une discipline de réflexion rigoureuse, mais elle a un statut social et, par conséquent, elle est l’objet d’enjeux idéologiques et politiques. L’histoire n’est pas une « science exacte », puisqu’elle ne peut pas dégager des lois permettant de dire ce qui va se produire ; aucun historien ne peut viser une objectivité analogue à celle des sciences physiques. En effet, en histoire, il est impossible de porter un jugement de fait sans porter un jugement de valeur et la science historique n’a pas le caractère expérimental des sciences exactes : on ne peut répéter un événement historique pour prouver l’exactitude d’une déduction.


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