• La démocratie est-elle le meilleur des régimes ?

    La démocratie est-elle le meilleur des régimes ?

    Oui : dans la démocratie, le peuple est souverain et il crée l’Etat afin d’assurer le bien de tous les individus.

    Non : dans la démocratie, les individus abandonnent leur pouvoir à l’Etat, auquel ils doivent se soumettre.

     

     

    1ère partie : c’est la société qui crée l’État afin qu’il protège les intérêts de la collectivité. En ce sens, la démocratie, pouvoir du peuple, semble être le régime le plus approprié.

     

    L’État, dans son essence, est l’expression d’une volonté collective.

    Dans la mesure où la « destination des individus est de mener une existence collective », comme l’affirme Hegel, l’homme ne peut réaliser sa nature qu’en s’intégrant à une collectivité (le peuple), et la constitution d’un État découle de cette nécessité. L’État résulte toujours de la volonté des individus de fixer des lois régissant leur existence commune.

    Le peuple, grâce à la démocratie, devient le souverain qui préside aux destinées de la nation.

    Le rôle de l’État est de régir une société pour assurer le bien de tous les individus qui en font partie. Rousseau montre que pour y parvenir, il faut résoudre les conflits qui existent entre les individus ; ces derniers passent alors un contrat par lequel ils se définissent comme corps politique constitué, unique, souverain et exprimant les aspirations de tous.

    La mission de l’État est de protéger les libertés.

    Selon les théories de Locke, l’État naît du besoin de concilier les libertés individuelles sans y porter atteinte ; or ce sont les individus eux-mêmes qui confient ce rôle à l’État. Il faut donc voir dans l’État un intermédiaire entre le peuple et lui-même : c’est par la volonté du peuple qu’il existe, et c’est parce qu’il est utile au peuple qu’il a un sens. Seule la démocratie semble correspondre à une telle définition de l’État.

     

    2ème partie : même sous sa forme démocratique, l’Etat peut se trouver dans l’incapacité de garantir l’ordre, la paix, la sécurité, la justice, la liberté. D’autres régimes sembleraient plus efficaces.

     

    Les avantages de l’absolutisme.

    Hobbes pense que la nature humaine est fondamentalement mauvaise. Afin d’éviter un continuel état de guerre, les individus doivent déléguer leur pouvoir à un souverain. La souveraineté absolue leur garantit alors en retour la paix, la sécurité, la justice. « Il appartient de droit au souverain de faire tout ce qu’il juge nécessaire pour préserver la paix et la sécurité. » (Hobbes)

     Qu’importe le régime, la question est d’acquérir et de conserver le pouvoir.

    Machiavel substitue au point de vue moral une conception purement technique du pouvoir : son seul but est de préserver un Etat fort et stable assurant la cohésion et la sécurité de la société. Toutes les actions du « Prince », unique détenteur du pouvoir sont subordonnées à cette fin. Il doit y parvenir, même si pour cela il lui faut employer la force, la ruse ou le mensonge.

    La connaissance comme pouvoir suprême.

    La démocratie semble présenter un autre danger. A en croire Platon, il serait facile pour un démagogue de profiter de l’ignorance du peuple pour devenir un tyran. Le pouvoir doit donc être confié à celui qui possède la science du juste et du bien, à savoir le philosophe. Lui seul, parce qu’il connaît le vrai, peut gouverner. Les autres membres de la cité auront pour seule tâche de faire ce qu’ils savent faire : défendre la cité, faire appliquer les lois, produire les biens nécessaires à tous.

     

    Conclusion

    La seule justification que l’on pourrait trouver à un régime autre que la démocratie serait l’incapacité de celle-ci à se préserver elle-même. Pourtant, comme le montre de nombreux exemples historiques, il semble qu’elle soit devenue le régime le plus stable. Cela ne veut pas dire que la démocratie ne souffre pas de nombreux défauts. Elle peut imposer le règne de l’opinion générale au mépris des minorités ou des individualités. Dans le cas du régime parlementaire, le peuple qui délègue son pouvoir s’en trouve finalement dessaisi. Rappelons, à titre d’exemple, que même la démocratie populaire soviétique et le national-socialisme se voulaient une victoire du peuple.


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