• "Le Rêve et son interprétation", de Freud

    "Le Rêve et son interprétation", de Freud

    Freud propose une méthode scientifique et médicale pour expliquer le rêve. Il cherche, au plus intime de l’inconscient, la source des névroses qui engendrent des déséquilibres, des troubles.

     

     

    Pendant le sommeil, l’affaiblissement de la censure, qui ne garde que l’agréable et rejette le reste dans un état de refoulement, permet aux produits refoulés de pénétrer la conscience. Ils sont déguisés pour perdre leur caractère repoussant. Au réveil, la conscience reprend ses droits et efface de la mémoire le maximum du contenu latent.

    Le rêve est la décharge psychique d’un désir en état de refoulement. Tous les rêves déguisés de l’adulte reviennent aux idées érotiques, car la sexualité est le premier tabou de notre civilisation, donc l’objet des refoulements plus fréquents.

     

    Une véritable méthode pour interpréter les rêves

    La méthode d’analyse de Freud consiste à substituer au contenu manifeste du rêve (ce que la mémoire peut restituer) le contenu latent du rêve (l’ensemble des associations d’idées inhérentes à l’esprit du patient). Il existe entre les idées éveillées par le rêve des liens qui ne sont pas discernables par le rêve lui-même. Ces liens sont à définir. A l’inverse de l’élaboration du rêve, l’analyse décompose le manifeste pour restituer le latent. Cette méthode s’attache aux rêves raisonnables dont le sens, bien que parfaitement clair, ne laisse pas de nous étonner parce que rien en nous ne justifie de telles préoccupations. Elle s’occupe aussi des rêves qui manquent parfois de sens et de clarté, qui sont incohérents et obscurs.

     

    Freud classe le travail du rêve en 6 fonctions

    1. Un travail de condensation : le rêve comporte des détails qui ne dérivent pas d’une idée isolée mais de plusieurs idées disparates et parfois étrangères les unes aux autres.
    2. Un travail de dramatisation : le rêve met en scène de façon évidente les idées parfois abstraites.
    3. Le déplacement dans le rêve, appelé aussi « renversement des valeurs » : ce travail transpose l’intensité psychique des idées et des représentations sur celles qui semblent anodines.
    4. La transformation : presque toutes les situations de rêve ne sont que des copies étoffées de souvenirs impressionnants. Une absurdité dans le contenu manifeste du rêve correspond, dans son contenu latent, à un sentiment de contradiction, de haine ou de mépris.
    5. L’ordonnance : le travail du rêve n’est jamais créateur, il n’imagine rien qui lui soit propre, il ne juge ni ne conclut. Son action ordonne les matériaux latents pour donner une représentation sensorielle.
    6. Le déguisement : le rêve peut être obscur, la réalité est travestie. A l’analyse, on s’aperçoit que les associations révèlent des pensées qui sembleraient étrangères et qui sont pénibles à accepter. On est alors dans l’état de refoulement. La substitution des idées refoulées aux symptômes psychosomatiques, et leur prise en charge, permet la guérison du malade.

     

    « La psychanalyse est née le jour où j’ai quitté l’hypnose », a déclaré Freud (1856-1939). C’est en effet en réaction aux expérimentations dangereuses et incertaines qu’il s’est penché sur une observation minutieuse, attentive et scrupuleuse de l’inconscient. Mais Freud n’est pas qu’un génial précurseur. Il est aussi un pédagogue. « Le Rêve et son interprétation », publié en 1900, est destiné à montrer le mécanisme onirique et à libérer le lecteur de certaines névroses qui le déséquilibrent. Freud y est concis, clair. Il illustre son propos de cas qu’il explicite, comme un narrateur de roman policier. Sa méthode d’investigation, pour originale et souvent surprenante, est développée avec un souci d’être compris de tous.

    Certes on peut contester la psychanalyse en tant qu’elle se pose comme une clef de lecture universelle de l’homme, mais Freud a révolutionné toute la culture occidentale et a permis un éclairage nouveau et séduisant de notre histoire, de nos motivations, du devenir.

    « Ma théorie dénonce la sexualité comme origine de tous les troubles psychopathiques. » - Sigmund Freud.

    « La doctrine de Freud est capable de transformer le monde. Avec elle y a été semé un esprit de sereine défiance, une suspicion qui s’exerce sur les cachotteries et les machinations de l’âme et les démasque. Une fois éveillées, elles ne sauraient disparaître. Elles s’infiltrent dans toutes les fibres de la vie, sapent sa grossière naïveté, la dépouillent de ce pathos, qui est le propre de l’ignorance. » - Thomas Mann


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