• Stress : Attention à l'excès !

    Stress : Attention à l'excès !

    Indispensables à l’homme des cavernes pour réagir aux prédateurs qui le menaçaient, les réactions physiologiques induites par le stress peuvent, chez l’homo sapiens du XXIe siècle, provoquer à long terme des effets dévastateurs.

     

     

    Définition

     

    « Stress » est un mot issu de la physique désignant la contrainte subie par un matériau. Au cours du XXe siècle, ce mot s’est appliqué à l’homme, induisant quelques confusions dans la mesure où il qualifie à la fois une situation subie et les effets physiologiques provoqués par celle-ci.

     

    Situation de stress

    Le stress désigne un état d’alerte provoqué par une situation donnée contraignant une personne à mettre en place des processus d’adaptation. Ainsi sur l’échelle du stress, mise au point par 2 chercheurs américains, le mariage, événement a priori heureux, est noté plus stressant qu’un licenciement. La tension engendrée par une situation de stress dépend en effet de la façon dont ont l’envisage. Prenons l’exemple d’un embouteillage : en soi le phénomène est neutre. Pourtant pour une personne ayant un rendez-vous important, ne voyant pas d’issue et s’angoissant pour son retard, la situation sera très stressante. En revanche, une autre personne dans la même situation, prendra posément son téléphone pour prévenir de son retard, en profitera pour écouter la radio et sera, au final, nettement moins stressée. Les méthodes de gestion du stress apprennent à modifier sa réaction cognitive face aux agents stressants.

     

    Mécanisme

     

    Lorsqu’une situation est jugée stressante, 2 mécanismes se mettent en place dans l’organisme.

     

    Au niveau neurovégétatif

    Le système sympathique se met en alerte : une dose importante d’adrénaline et de noradrénaline est sécrétée par la médullosurrénale (partie interne de la glande surrénale). Ces catécholamines (neurotransmetteurs) circulent dans tout l’organisme via les ganglions sympathiques, et déclenchent des réactions d’adaptation à la situation de crise :

    • accélération du rythme cardiaque,
    • élévation du rythme respiratoire et de la pression artérielle,
    • dilatation des bronches,
    • accélération de la dégradation des lipides et des sucres afin d’apporter de l’énergie aux organes,
    • dilatation des pupilles.

     

    Sur le plan hormonal

    Si la situation se prolonge, l’hippocampe (où la situation est évaluée par comparaison  à celles déjà vécues) envoie un message à l’hypothalamus. Celui-ci libère de la CRF (Corticotropin Release Factor) qui alerte l’hypophyse et commande la sécrétion d’ACTH (corticotrophine) dans la circulation sanguine. Cette hormone déclenche dans la corticosurrénale (partie antérieure de la glande surrénale) la production de glucocorticoïde, et notamment de cortisol, qui va produire :

    • une vasodilatation,
    • une dégradation des graisses,
    • une baisse de la consommation du sucre par les tissus,
    • une baisse de la fonction immunitaire.

     

    Le retour à la normale

    Il passe, en sens inverse, par le même itinéraire, le cortisol revenant au cerveau pour lancer les processus d’apaisement. Toutefois, si la situation se prolonge trop longtemps, ou de manière répétée, l’organisme peut se trouver débordé. En effet, la plupart des mécanismes de réaction (élévation de la tension, chute du système immunitaire) sont délétères à long terme.

    Par ailleurs, il a été démontré que trop de cortisol peut détruire les neurones de l’hippocampe, gérant notamment la mémoire.

    Enfin l’accumulation de stress provoque sur le plan psychique des symptômes tels que l’irritabilité, la perte de confiance en soi, l’angoisse et peut, à terme, provoquer des dépressions.

     

    Le coût du stress

     

    Le travail n’est pas toujours la santé : 44 % des salariés français s’estiment stressés (sondage Figaro/TNS) tandis que pour le Bureau international du Travail, 30 % des arrêts de travail, en Europe, sont liés directement ou indirectement au stress. Il s’agit donc d’un risque professionnel à double titre : des études scientifiques ont mis en évidence le lien entre les situations de travail stressantes et l’apparition de maladies, mineures ou graves, mais aussi les accidents de travail. Et si l’on ajoute la baisse de la productivité, ce sont 20 milliards d’euros qui, chaque année, sont perdus à cause de ce fléau.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :