• "Les Essais" de Montaigne

    "Les Essais" de Montaigne

    Un gentilhomme livre ses pensées et ses expériences, et dessine ainsi les contours d'une sagesse.

     

     

    "Essais" signifie "essais du jugement", mais aussi "essais de la vie", expériences. "Toute cette fricassée que je gribouille ici n'est qu'un registre des essais de ma vie" (Montaigne).

    Le titre évoque la modestie de l'auteur mais aussi l'originalité de l'ouvrage. "Les Essais" (1572-1588) sont marqués par l'atmosphère d'intolérance que les guerres de Religion créaient alors dans le pays. A cette intolérance, Montaigne oppose la sagesse de l'honnête homme et le scepticisme du philosophe.

     

    En chaque homme, "la forme entière de l'humaine condition"

    Âgé de 37 ans, Michel de Montaigne quitte ses fonctions de magistrat à Bordeaux et se retire dans sa propriété campagnarde. Durant les 22 années qui le séparent de sa mort, il consigne par écrit d'abord ses notes de lecture, ses commentaires, puis bientôt et surtout ses pensées, émaillées d'anecdotes tirées de l'expérience. Les réflexions que lui suggère le monde contemporain trahissent un esprit critique et curieux. Cette acuité du regard, Montaigne la dirige aussi sur lui-même, et de cette analyse particulière il entend tirer une plus grande connaissance de l'homme en général, car "chaque homme (...) porte en soi la forme entière de l'humaine condition".

     

    "A sauts et gambades"

    Au fil des pages, se dégage une sagesse qui apparaît riche de mille nuances. Montaigne évoque la douleur et la mort pour suggérer qu'elles sont les créations de l'imagination que l'on peut apprivoiser ; il parle aussi de la vieillesse qui l'attend et doucement le conduit à son terme. Ailleurs, il propose des règles pratiques de vie : se laisser guider par "mère Nature", savoir jouir pleinement de l'instant ; ailleurs encore il confesse son amour de la vie. Mais suivre la nature, c'est aussi accepter ses limites ; "de nos maladies, la plus sauvage, c'est mépriser notre être...". Au fil des pensées, c'est en quelque sorte l'idéal du "gentilhomme", presque de l'"honnête homme" qui s'esquisse, et ce gentilhomme a les traits de Michel de Montaigne, jamais absent de ses écrits. Les thèmes foisonnent, des plus futiles aux plus essentiels : ainsi l'inconstance du monde et de l'homme, la faiblesse de l'homme mais aussi sa grandeur, la dénonciation de la torture et du colonialisme, l'éducation... pour ne citer que quelques-unes des matières qui "se tiennent toutes enchaînées les unes aux autres...". A la succession logique et construite des pensées, Montaigne préfère "l'allure à sauts et gambades" qui donne au style sa vivacité et à la lecture son attrait.

     

    "Les Essais" se composent de trois livres : les deux premiers furent rédigés à partir de 1572, et publiés en 1580. En 1588, parut une édition "augmentée d'un troisième livre et de 6000 additions aux deux premiers". Montaigne annota encore de manière abondante l'un des exemplaires de Bordeaux.

    Quelques-unes des sentences inscrites sur les travées de la "librairie" de Montaigne : "Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger" (Térence) / "Les hommes sont tourmentés par les opinions qu'ils ont des choses, non par les choses elles-mêmes" (Epitecte).

    "Il est matelassier. Son rôle est de capitonner les aspérités de la vie, de nous fournir les coussins pour amortir les chocs du voyage. Il est le prince de cette suave école du sommeil qui donnera plus tard La Fontaine. Sans doute laisse-t-il de côté certains jaillissements sublimes de l'âme, les folies, sacrifices, défis. Mais il évite aussi les férocités du fanatisme qui, dans notre faible nature, accompagnent souvent les galops des certitudes." (Paul Guth)

    Montaigne a eu deux passions : la vérité et la liberté. "Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m'y rend allègrement, et lui tend les armes vaincues, de loin que je la vois approcher. (...) Je suis si affadi après (si ardemment épris de) la liberté que, qui me défendrait l'accès de quelque coin des Indes, j'en vivrai aucunement (quelque peu) plus mal à mon aise." (Montaigne)


  • Commentaires

    1
    jiji
    Vendredi 12 Mai à 11:01

    j'ai pas tout compris

      • Dimanche 14 Mai à 10:05

        Dans ses Essais, Montaigne apparaît un peu comme un rêveur. Il nous livre sa vision de la vie, avec beaucoup de sagesse ; et il met en avant l'opposition constante qui existe dans la nature humaine.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :